L'histoire inhabituelle derrière le grand braquage de sirop d'érable canadien

Il y a cinq ans, au Québec, 3 000 tonnes de sirop d'érable ont été volées à la Fédération du sirop d'érable du Québec. À 2 000 $ le baril (environ 13 fois le prix du pétrole brut), il s'agissait d'un vol important. Le volume total volé a été estimé à 18, 7 millions de dollars et une grande partie n'a jamais été récupérée. Voici ce qui s'est passé.

Les voleurs de «The Great Canadian Maple Syrup Heist» de 2012 ont finalement été retrouvés, bien qu'il ait fallu des efforts considérables à la police pour déterminer l'ampleur de l'opération. L'enquête qui a suivi a mené à 26 arrestations et à plus de 200 entrevues de témoins, créant une histoire bizarre entourant l'une des principales ressources du Québec - et sa plus douce.

Au tribunal, l'un des voleurs - Richard Vallières - a affirmé qu'il avait été contraint d'acheter le sirop volé et de le remplacer par de l'eau après avoir été menacé par un homme anonyme portant une arme à feu. Le jury n'est cependant pas convaincu et déclare Vallières coupable de vol, de fraude et de trafic de biens volés.

Un autre suspect principal, Étienne St-Pierre, a été accusé d'avoir acheté le sirop volé et de le renommer en sirop du Nouveau-Brunswick. Il a également été reconnu coupable de fraude et de trafic.

Bien que la défense de Vallière n'ait pas été couronnée de succès, le complot consistait à voler bien plus de 9000 barils de sirop avec des semi-remorques, à les emmener dans une cabane à sucre, à vider les barils et à les remplir d'eau claire. Le plan a d'abord été couronné de succès: puisque l'équipe n'a siphonné que les barils de la réserve mondiale de la Fédération du sirop d'érable du Québec, l'acte est d'abord passé inaperçu. Après un an, cependant, certains des barils remplis d'eau ont commencé à rouiller, ce qui a sonné l'alarme.

Un autre des meneurs du braquage, Avik Canon, a été condamné à cinq ans de prison et à une amende de 1, 2 million de dollars pour sa participation au crime.

Les hommes ont critiqué la Fédération du sirop d'érable du Québec, une organisation qui fixe les prix du sirop d'érable, impose des quotas de production aux producteurs et applique d'autres règlements. Pour certains, le braquage a été perçu comme un acte de défi contre le monopole de la Fédération sanctionné par l'État, parfois appelé le «cartel du sirop d'érable» du Canada.

Le Québec conserve une histoire et une culture importantes entourant le sirop d'érable, dans la mesure où la production de sirop d'érable dans la province représente aujourd'hui 75% du flux mondial de sirop d'érable. L'industrie réalise plus de 400 millions de dollars de ventes annuelles. La deuxième région en importance est le Maine, aux États-Unis, qui représente moins de 10% de la production mondiale de sirop d'érable.

Compte tenu de l'importance culturelle et économique de cette ressource naturelle, il ne faut pas s'étonner que la fixation des prix et le vol important de sirop d'érable se déroulent au Québec. Avec autant d'argent en jeu, le produit sucré est tout aussi farouchement contesté et gardé que certaines drogues récréatives.

 

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